Archive pour la catégorie ‘Actualités générales’

La friche

“J’aime la friche, car on n’y trouve rien qui ait à voir avec la mort. La promenade dans la friche est ouverte à toutes les interrogations car tout ce qui s’y passe est destiné à éluder les spéculations les plus hasardeuses. Le fait que l’IFLA (International Foundation of Landscape Architecture) assimile les friches industrielles à un paysage en danger est très révélateur. Il revient à dénoncer la reconquête d’un sol comme une dégradation, alors que c’est tout le contraire. Il s’agit là d’une rémanence de certitudes figées : l’homme qui a gagné du terrain ne doit pas en céder. Tout ce que l’homme abandonne au temps offre au paysage la chance d’être à la fois marqué par lui et affranchi de lui.”

Gilles Clémént, paysagiste, jardinier

in “Neuf Jardins, approche du jardin planétaire” – Éditions Actes Sud – 2008

Homo Écolo

Highline - New-York

“Certains lobbies écologistes parlent et agissent comme si l’Homo sapiens ne faisait pas partie du système écologique. Ils promeuvent l’idée que seules les plantes natives devraient être employées dans un contexte donné. Mais nous, humains, avons également des besoins, entre autres celui d’un environnement attrayant où les plantations ornementales jouent un grand rôle. Quelle contradiction y a-t-il entre un design à fort impact visuel et le souci des espèces sauvages ? Les deux ne peuvent-ils pas cohabiter ? Une autre objection aux intransigeants est la suivante : beaucoup de zones urbaines et d’autres aménagements territoriaux sont si artificiels qu’il ne s’agit pas de savoir s’il faut les agrémenter de plantes indigènes, mais bien plutôt quelles espèces s’adapteront le mieux.”

Piet Oudolf, Noël Kingsbury – Paysagistes, pépiniéristes

in Jardins d’avenir – Éditions du Rouergue – 2006

Land Art

“L’artiste qui travaille avec la terre travaille avec le temps.”

Walter de Maria, artiste du Land Art

Le Jardin des Paradis

Le mot paradis est issu du grec ancien parádeisos en référence au jardin d’Éden. Dans l’Antiquité le Jardin s’appelait Paradis.

Situé dans  la cité médiévale de Cordes sur Ciel, le Jardin des Paradis est créé en 1998 par Eric Ossart et Arnaud Maurières qui y écrivent une nouvelle page de l’histoire de ce lieu.

« Suivant notre passion pour la Méditerranée, c’est à la source même de son histoire que nous avons puisé notre inspiration : nous avons créé un Paradis. »

Des scènes multiples et variées

Ce jardin très ouvert, est constitué de plusieurs terrasses et enclos d’ambiances différentes.
La grande diversité des végétaux, souvent exotiques,  y exprime toute sa beauté grâce aux couleurs et aux graphismes insolites.
La première terrasse met en scène la symbolique du cloître dans lequel l’eau est très présente. Sur une autre terrasse, différentes variétés de bananiers  prodiguent une ombre agréable aux visiteurs. Plus loin, on découvre un potager où poussent des légumes oubliés. De nombreuses surprises jalonnent le parcours du visiteur avec notamment la découverte de plantes aromatiques ou de roses anciennes aux parfums insolites.
Lors des fêtes d’été, des tapis de soie et de laine font écho aux tapis de fleurs des enclos et des « paradis ». Clin d’œil au Jardin d’Orient, on invite le visiteur à se déchausser avant de marcher sur les tapis.

La symbolique de l’eau

Que serait un jardin sans la présence de l’eau ?
L’eau est présente sous différentes formes : dynamique, stagnante, jaillissante… La présence de l’eau au Jardin des Paradis est citée en référence dans maints ouvrages et jardins, comme le  Jardin d’ Eden du château du Colombier. L’eau représente la vie, le contact avec l’au-delà.

Les relations du public au jardin

Aménagements insolites, des parloirs aménagés permettent aux visiteurs de partager un moment unique de convivialité et d’échange accompagné par le chant des grenouilles.
Sur la dernière terrasse on trouve des hamacs qui invitent à la détente et au repos. Il y règne une ambiance orientale et intimiste avec de petites constructions, dont l’architecture fait penser aux dentelles de pierre des jardins Hispano- Mauresques.

Un lieu de culture

Le Jardin des Paradis s’inscrit dans la lignée du Jardin de Chaumont sur Loire où s’exposent régulièrement des œuvres d’artistes. Par ailleurs, le Jardin des Paradis accueille des concerts de musique comme en 2011 où les  Archers Aveugles ont fait danser les fleurs. Enfin la collection de graines venus du monde entier éveille la curiosité des petits et des grands.

Ce jardin a été labellisé Jardin Remarquable  par le ministère de la Culture en 2004 et fait parti des sites labellisés Tourisme et Handicap.

Ce jardin est un lieu unique où règne un équilibre entre la faune et la flore.
Sous le soleil du Tarn, il permet de se faire une idée de ce qui pourrait bien être le paradis.

Sources:

www.parcsetjardins.fr
www.jardindesparadis.eu
www.maurieres-ossart.com
Les jardins de Ossart et Maurière L’art de vivre dehors, éditions du Chêne

Déshérence

“C’était un terrain vague situé sur les derniers remparts d’une ville médiévale. Un talus d’abord, puis une terrasse qui domine la vallée du Cérou. L’endroit avait du charme et sa déshérence n’était pas pour nous déplaire : c’était le lieu de tous les possibles.

Et tout fut fait !”

Eric Ossart et Arnaud Maurières, Créateurs-pépiniéristes, paysagistes, jardiniers, artisans…

in “Les jardins de Ossart et Maurières”, à propos du Jardin des Paradis à Cordes-sur-Ciel

Géométrie

“Le paysage est un écheveau “saturé de détails” et de singularités, la nature est le plus souvent hétérogène et n’a pas d’ordre apparent ; cependant, pour œuvrer dans ce “brouillard de multiplicités” dont parle Michel Serres, il faut nécessairement avoir recours à la géométrie, au cordeau … ne serait-ce que pour approcher la réalité et s’informer sur elle.
Pour ceux qui travaillent la terre, la géométrie n’est pas un objet théorique, un ordre esthétique, elle s’impose comme une nécessité expérimentale, comme l’objet indispensable de la connaissance du territoire sur lequel ils fondent leurs entreprises.”

Michel Corajoud, paysagiste

in Nature and geometry, 1989

Garten

“Jardin vient de “Garten” : un enclos dans lequel on protège le meilleur. Le meilleur des plantes. Le meilleur de l’espace, de la lumière, de l’art de vivre ; le meilleur de la pensée : c’est un lieu de méditation.”

Gilles Clémént, paysagiste, jardinier

Paradis

“Il y a plus de plaisir à faire un jardin qu’à contempler le paradis.”

Anne Scott-James (1913-2009), journaliste et écrivain

Étranges

“Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme.”

Albert Samain (1858-1900), Poète symboliste

Les voeux 2012

“Le grand art du jardin est ce par quoi une civilisation cherche, non point à copier la nature mais à se servir des éléments qu’elle lui fournit pour exprimer sa conception la plus haute du bonheur.”

Benoist-Méchin (1901-1983)

Je vous souhaite un très joyeux Noël et vous adresse tous mes vœux de bonheur pour l’année 2012.

Anne Audran

Jardin de mots
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