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Biographie de La Quintinie (1624-1688)*
Jean-Baptiste La Quintinie nait en 1624 en Charente.
Après des études de droit, il est reçu à Paris comme avocat à la Cour du Parlement, et maître des requêtes de la Reine. Le président de la Cour des Comptes, Jean Tambonneau, le remarque et lui confie l’éducation de son fils Michel.
La Quintinie part alors pour un voyage en Italie, dont les jardins servent de référence en France encore à cette époque, afin de familiariser son élève avec les arts. Sa passion pour les jardins se révèle alors, et il décide de se consacrer à cet art du jardinage et de la culture.
Féru d’auteurs anciens comme Pline et Columelle, il se met aussi au fait des théories contemporaines, et s’exerce à leur pratique dans le jardin que lui confie M. Tambonneau à Paris.
Sa renommée le fait bientôt appeler par les grands de l’époque.
Il crée des jardins potagers et fruitiers à Sceaux, Rambouillet, Vaux-le-Vicomte. Il fait partie de l’équipe de créateurs que Louis XIV débauche, lorsqu’il disgrâcie en 1661 son surintendant Nicolas Fouquet. Il reçoit alors la direction de l’ancien potager de Louis XIII à Versailles.
En 1670, il est fait directeur de tous les jardins fruitiers et potagers royaux, charge créée pour lui. Tout en continuant à veiller sur ses anciennes créations, il est responsable des jardins royaux, des arbres de la nouvelle orangerie construite par Mansart. En 1678, il entreprend la création d’un nouveau potager, l’actuel « Potager du Roi » qui le rend plus célèbre encore.
Craignant d’être mal imité, La Quintinie rédige les Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, publiées par son fils à titre posthume en 1690. Il y livre l’essentiel de ses expériences et découvertes dans le domaine des primeurs, mais aussi de la taille des fruitiers.
Il est le premier à avoir mis en évidence le rôle de la sève dans la croissance et la fructification des arbres fruitiers, ainsi que le système racinaire des arbres, et les précautions à prendre lors de leur transplantation.
Devant tant de services rendus, il est anobli en 1687 par Louis XIV.
Il meurt le 11 novembre 1688. Louis XIV confie à sa veuve : « Madame, nous avons fait une grande perte que nous ne pourrons jamais réparer ».
* biographie tirée du blog Louis le roi Soleil
Jardin remarquable
Créé en 2004 par le Ministère de la Culture avec le concours du Conseil national des parcs et jardins, le label « Jardin remarquable » valorise les parcs et les jardins de notre patrimoine botanique et guide les visiteurs vers les sites les plus intéressants.
Ce label est attribué pour 5 ans. À ce jour environ 315 jardins bénéficient de ce label sur le territoire national.
Ils doivent répondre à des critères bien spécifiques :
- la composition et l’organisation des espaces au sein du parc,
- l’intégration dans le site et la qualité des abords,
- l’intérêt botanique et l’intérêt historique,
- l’entretien et le plan de gestion.

Jardin des Paradis - Cordes sur Ciel
Le label « Jardin remarquable » dépasse le cadre des jardins classés au titre des monuments historiques. Il peut ainsi être délivré à des jardins privés, des parcs et jardins municipaux, des parcs de châteaux, qu’ils soient anciens ou contemporains.
Cette labélisation offre plusieurs avantages spécifiques aux sites :
- une mention dans les documents diffusés par le ministère de la Culture et de la communication,
- l’obtention d’une signalisation routière,
- la possibilité d’une prise en compte dans les plans locaux d’urbanisme (PLU),
- la possibilité d’obtenir un agrément fiscal,
- l’appui du Conseil national des parcs et jardins, du Comité des parcs et jardins de France et de l’association régionale pour demander des aides régionales, nationales ou européennes ou bien encore un mécénat.
Le label engage en contrepartie les propriétaires à assurer un entretien régulier de leur jardin, à ouvrir au public au moins 50 jours dans l’année, à participer à l’ opération les « Rendez-vous aux jardins » ou aux journées européennes du patrimoine, à mettre une information à disposition du public, à apposer la plaque reprenant le logotype du label.
La méthode
“La méthode, âme de la science, désigne à première vue n’importe quel corps de la nature, de telle sorte que ce corps énonce le nom qui lui est propre, et que ce nom rappelle toutes les connaissances qui ont pu être acquises, au cours du temps, sur le corps ainsi nommé ; si bien que, dans l’extrême confusion apparente des choses, se découvre l’ordre souverain de la nature.”
Karl von Linné, médecin, botaniste, naturaliste (1707-1778) – Auteur de la classification animale et végétale encore utilisée de nos jours.
in Systema Naturae, 1766-1767.
Biographie de Jean-Baptise de Lamarck (1744-1829)*
Né à Bazentin (Somme) dans une famille picarde peu fortunée, qui voue ses enfants à la carrière militaire, Lamarck débute comme officier d’infanterie sur le front de Westphalie pendant la guerre de Sept ans.
Obligé de quitter l’armée à la suite d’un accident, il se passionne pour la botanique lors d’un séjour à Monaco (1764). Il entreprend des études de médecine à Paris, en 1768, vivant d’une maigre pension et de petits emplois. Remarqué par Buffon (intendant du Jardin du Roi de 1739 à 1788), il devient correspondant du Jardin.
En 1778, l’Imprimerie royale publie sa Flore française, où il donne des clefs dichotomiques permettant à chacun d’identifier les plantes. Cet ouvrage lui apporte une notoriété immédiate et lui vaut d’être élu à l’Académie des sciences l’année suivante.
Progressiste, ami des philosophes des Lumières, il participe, en 1793, à la création du Muséum national d’Histoire Naturelle et n’hésite pas, à cinquante ans, à se reconvertir : il devient professeur de zoologie, chargé d’enseigner la zoologie des invertébrés. C’est lui qui invente le mot biologie pour désigner la science des êtres vivants. Il est considéré comme le fondateur de cette discipline.
En 1801 paraît la première édition de son Système des animaux sans vertèbres. Ce sont les difficultés rencontrées dans l’élaboration de cette classification qui l’amène à l’idée de la variabilité des espèces et dès 1800, lors d’une leçon inaugurale, il présente sa doctrine transformiste. Une première théorie de l’évolution organique est exposée dans sa Philosophie zoologique, publiée en 1809, et passe quasiment inaperçue. D’après lui, les changements survenus à la surface du globe ont provoqué des modifications d’habitat, donc des conditions et des modes de vie des organismes, les contraignant à s’adapter ; ainsi, le non-usage de tel organe impose sa perte ; les organismes tendent vers la complexité croissante et le perfectionnement de génération en génération.
Cette théorie :
- repose sur l’hérédité des caractères acquis et
- s’oppose à celle des bouleversements universels de Cuvier. Celui-ci, directeur du Muséum, combat violemment Lamarck et lui reproche de construire « de vastes édifices sur des bases imaginaires ».
Critiqué, souvent même raillé, Lamarck n’en continue pas moins sa fresque du monde animal, Histoire naturelle des Animaux sans vertèbres (1815-1822), soutenu par l’affection de ses filles (il est quatre fois veuf !). L’une d’elle, Cornélie, écrit sous la dictée de son père, aveugle les dix dernières années de sa vie, la partie ultime de son oeuvre sur « les connaissances positives de l’homme »
Œuvres principales :
- Flore française (1778),
- Philosophie zoologique (1809),
- Système des animaux sans vertèbres (1801, 1815-1822).
* biographie tirée du site Bnf – Tous les savoirs du monde
Le jardin en mouvement 3
“Les plantes voyagent. Les herbes surtout. Elles se déplacent en silence à la façon des vents. On ne peut rien contre le vent. En moissonnant les nuages, on serait surpris de récolter d’impondérables semences mêlées de loess, poussières fertiles.
Déjà dans le ciel se dessinent d’imprévisibles paysages. L’évolution y trouve son compte. La société non. Le moindre projet gestionnaire se heurte au calendrier prévisionnel.
Comment ordonner, hiérarchiser, taxer : le possible surgit à tout moment.
Comment maintenir le paysage, quelle grille technocratique appliquer aux débordements de la nature, à sa violence ?
Le projet de contrôle total trouve des alliés inattendus : les radicaux de l’écologie, les tenants de la nostalgie. Rien ne doit changer, notre passé en dépend. ; ou bien : rien ne doit changer, la biodiversité en dépend.
Haro sur le vagabondage !”
Gilles Clémént, paysagiste, jardinier
in “Neuf Jardins, approche du jardin planétaire” – Éditions Actes Sud – 2008
Les jardins de Séricourt

Le jardins de topiaires
Remarquables, somptueux, facétieux, truculents, étranges, insolites… les adjectifs ne manquent pas pour qualifier les jardins de Séricourt et l’étonnante alchimie qu’y a apporté leur créateur, Yves Gosse de Gorre.
Le label “Jardins remarquables” apporté à ce parc étonnant en est d’ailleurs la preuve.

La chambre jaune
Créé en 1985, ce parc, d’aujourd’hui 7 hectares, est d’abord une pépinière. Yves Gosse de Gorre, excellent multiplicateur*, formé à l’École Supérieure du Jardin et du Paysage d’Anderlecht, en Belgique, est amateur de raretés botaniques. Son génie créatif va progressivement transformer la pépinière d’origine en un parc qui laisse s’exprimer son imagination foisonnante.
Situé au sud du Pas-de-Calais, le parc est installé en fond de vallée, une poche froide redoutable pour certains végétaux. Et pourtant, le résultat est fantastique.

Le jardin guerrier
Le jardin décline ses différentes pièces, toutes plus surprenantes les une que les autres : le jardin guerrier, la chambre jaune, le labyrinthe de graminées, la cathédrale de roses, sans oublier le jardin de topiaires, nous invitent au voyage et à la rêverie.
Ces jardins racontent des histoires à l’image de la chambre jaune, élément central du jardin, qui symbolise le début de la vie. L’arabesque de buis dorés posés sur un lit de graviers est une merveille : sa fluidité nous emporte, sa sobriété nous hypnotise.
Yves Gosse de Gorre s’est fortement inspiré des jardins à la française dont il a su rendre lisible l’incroyable force des éléments géométriques, tout en les revisitant afin de nous les rendre éminemment contemporains.

La cathédrale de roses
* Yves Gosse de Gorre a été plusieurs fois primé pour ses obtentions : Ajuga reptans “Purple Torch”, Mukedenia rosii, Geranium “Claudine Dupont”, Epimedium x perralchicum “Frohnleiten”.
Anémone du Japon

"Königin Charlotte"
Anemona x hybrida est une vivace vigoureuse, aussi belle que facile à cultiver.
Sa floraison a lieu en septembre et se prolonge parfois jusqu’en novembre.
Elle peut dépasser 1 m de hauteur en situation favorable.
Ses feuilles sont vert foncé, fortement découpées ce qui lui donne une allure remarquable en dehors des périodes de floraison.
Les fleurs, du blanc au rose soutenu selon les variétés, sont simples et rehaussées par un bouquet contrastant d’étamines jaunes.
Certaines variétés présentent des fleurs doubles.

"Serenade"

"Hadspen Abundance"

"Honorine Jobert"
Les principaux cultivars sont : “Honorine Jobert”, grandes fleurs simples, blanches ; “Königin Charlotte”, fleurs simples rose argenté, lilacé ; “Serenade”, fleurs semi-doubles rose doux ; “Hadspen Abundance”, fleurs rose carminé foncé.
Anemone tomentosa “Robustissima” est, quand à elle, une forme ancienne reconnue comme la plus rustique des anémones du Japon. Ses fleurs sont blanc-rosé à revers rose. Elle fleurit dès août.
Un endroit de mousse
“Quelle que soit la région du monde, dans des endroits difficiles, les plantes se nanifient ou renforcent leur pigmentation et quelle que soit la région du monde, un lieu d’ombre reste un endroit de mousse.”
Erwan Tymen, Paysagiste Breton
in Les Jardins Paysages – Éditions du chêne, 1996
Les graminées
Longtemps méprisées ou même simplement ignorées, les graminées s’offrent désormais une place de choix dans nos jardins.
La reconnaissance de ces plantes si graphiques, si légères, si faciles au jardin date d’une dizaine d’année seulement. Elles nous sont aujourd’hui familières et on peine à imaginer un jardin sans graminées.
Les botanistes les divisent en trois familles de plantes : les Poacées, les Joncacées et les Cypéracées. Mais globalement, on défini par graminées des plantes herbacées qui ne forment pas de bois. Ce sont elles qui constituent la plupart de nos prairies.
Les graminées ornementales, pour l’essentiel des Poacées, sont celles que les paysagistes et jardiniers éclairés utilisent dans la conception des jardins.
Joncacées et Cypéracées sont plutôt destinées aux décors aquatiques.
Les graminées sont anémophiles, c’est à dire que leur reproduction se fait à l’aide du vent et non par l’intermédiaire d’insectes butineurs (plantes entomophiles).
C’est la raison pour laquelle les fleurs produites par les graminées ne sont pas colorées ou par
fumées, mais possèdent souvent des formes très graphiques, souples et légères qui permettent au vent de transporter le pollen pour la fécondation.
Ce sont ces caractéristiques qui nous les font tant apprécier au jardin.
Les flagelles souples des fleurs de Stipa ou les épis si gracieux des Pennisetum, doucement bercés par le vent, n’en finissent pas de nous offrir un spectacle changeant au fil des saisons.
La lumière automnale, plus basse qu’en été, met particulièrement en valeur les feuillages souples et mouvants, les couleurs jaunes à bruns cuivrés, et parfois rouges des graminées.



Leur présence met en valeur et allège quantité d’arbustes à l’allure trop pesante.
Associées aux rosiers, elles leur confèrent une structure qui rappelle la nature sauvage de l’églantier originel.
Enfin, elles occupent l’espace au jardin environ 10 mois sur douze et ne demandent aucun entretien particulier.
Simplement coupées en février-mars à 20 cm du sol, les jeunes pousses apparaissent déjà en avril pour un nouveau cycle de grâce et de souplesse.
L’écologie
“Dans l’acceptation scientifique du terme, l’écologie est avant tout une sous-discipline de la biologie, définie par le zoologiste allemand Haeckel en 1866 comme étant l’étude des interrelations entre les êtres vivants avec les milieux qu’ils habitent. C’est par extension que l’écologie recouvre aujourd’hui un très vaste domaine englobant la protection de ces milieux, donc de la nature, ainsi que celle de l’homme et de sa santé, cet homme que Haeckel n’avait pas inclus dans sa définition première.”
Jean-Marie Pelt, biologiste, pharmacologue, président de l’Institut européen d’écologie
in “Nouveau tour du monde d’un écologiste” – Éditions Fayard, 2005
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