Articles avec le tag ‘écologique’
Le jardin en mouvement 2
“Mode d’emploi : prenez un terrain proportionné à vos forces, attendez les pluies de septembre, et jetez le mélange de graines que vous avez préparé. Plongez les mains dans les graines huileuses du lin et de la phacélie, engagez le geste du semeur avec fermeté en balançant le bras devant pour que s’ouvrent les doigts et s’échappe la semence. Recommencez, selon le rythme de vos pas, jusqu’à ce que vous ayez épuisé votre provision.
Reposez-vous pendant deux à trois semaines puis venez un matin observer les plantules de nielles, de pavots, cynoglosses, bourraches, molènes et bleuets, qui forment sur le sol un duvet vert-de-gris.
Ne faites rien jusqu’au printemps suivant.
Formez les îles et entre elles, les chemins du jardin. Recommencez la tonte aux mêmes endroits, jusqu’en juillet. A partir de cette époque et jusqu’en septembre, surveillez le terrain, de nouvelles espèces apparaissent. Supprimez les îles de fleurs fanées sitôt leurs graines répandues. Ménagez avec soin les jeunes semis qui apparaissent et dessinez de nouvelles îles dans l’herbe.
D’eux-même les chemins se tracent. Nouveaux, eux aussi, ils ont changé de place.
Retournez-vous et constatez, tout est différent, tout est égal, tout est plein d’herbes voulues et d’autre imprévues, vous venez d’inventer le jardin en mouvement.”
Gilles Clémént, paysagiste, jardinier
in “Neuf Jardins, approche du jardin planétaire” – Éditions Actes Sud – 2008
Le Jardin en mouvement 1
“Le jardin en mouvement interprète et développe les énergies présentes sur le lieu et tente de travailler le plus possible avec, et le moins possible contre la nature. Il doit son nom au mouvement physique des espèces végétales sur le terrain, que le jardinier interprète à sa manière.
Des fleurs s’installent au milieu d’ un sentier, contraignant le jardinier à choisir : conserver le passage, ou les fleurs ?
Le jardin en mouvement recommande de respecter les espèces qui s’installent de façon autonome. Ces principes bouleversent la conception formelle du jardin qui, dans ce cas, se trouve totalement confié aux mains du jardinier.
Le tracé du jardin, qui change continuellement, est le résultat du travail de celui qui l’entretient, et non d’une idée élaborée à la table à dessin.”
Gilles Clémént, paysagiste, jardinier
in “Neuf Jardins, approche du jardin planétaire” – Éditions Actes Sud – 2008
Un jardin naturel
“Elle a jeté les noyaux de pêches, de prunes ou des noix, et, à leur bonne fortune, invisible à l’œil inattentif, un pêcher, un prunier et un noyer, parmi les herbes et les fleurs, ont trouvé l’asile d’une terre généreuse. Cette végétation disparate conforte l’aspect naturel du jardin,son air campagnard, et l’on pourrai penser que la nature y a prodigué ses fruits spontanément.”
Michel Ogier, photographe, écrivain
in “le Jardin de ma mère” – Éditions Siloë - 2005
La grande muraille verte (GMV)
Bande large de 15 km plantée de différentes espèces végétales, la Grande muraille verte (GMV) doit relier sur 7.600 km l’ouest à l’est de l’Afrique, du Sénégal à Djibouti, en passant par la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Soudan, l’Erythrée et l’Ethiopie.
La partie sénégalaise de la GMV est déjà bien avancée et s’étend sur 535 km: depuis le début des plantations en 2008, essentiellement des acacias de différents types, dont l’acacia-Sénégal qui produit de la gomme arabique, elle couvre aujourd’hui une superficie d’environ 15.000 hectares.
Les parcelles plantées sont entourées de 5.000 km de pare-feux destinés à empêcher les incendies.
“C’est un projet fou, mais un grain de folie n’est pas inutile pour concevoir ce qui n’a jamais été conçu”, avait déclaré M. Wade lors du lancement du projet en 2005 à une conférence des Etats sahélo-sahariens.
Son gouvernement finance presque seul la GMV au Sénégal à hauteur de 1,4 million d’euros par an, mais d’autres financements sont prévus, dont celui de l’Union européenne. Il faut 140 millions pour finir la GMV au Sénégal, selon le colonel Matar Cissé, directeur de l’Agence nationale de la GMV.
“Au départ, la GMV est une idée politique”, souligne-t-il depuis la zone rurale de Tessékéré-Widu où passe la bande verte et où sont établies ses équipes et celles des scientifiques qui l’étudient.
“Ici, nous y mettons un contenu technique adapté à la gestion de chaque écosystème en parfaite harmonie avec les populations rurales”, majoritairement des éleveurs peuls, souligne le colonel Cissé.
Selon lui, la GMV doit “valoriser le désert, le transformer pour fixer les populations et donc lutter contre l’immigration”. “C’est un programme de lutte contre le changement climatique, la sécheresse, la pauvreté”, ajoute son adjoint, le colonel Pape Sarr.
Dans cette région semi-aride où il pleut à peine trois mois par an, chacun garde en mémoire les grandes sécheresses des années 1970 et 1980 qui ont décimé les hommes et les troupeaux de boeufs, chèvres, moutons.
Avec la GMV, des pépinières où l’on fait pousser les espèces qui y seront plantées, ainsi que des “jardins polyvalents” de fruits et légumes de plusieurs hectares sont apparus, gérés par les femmes de Tessékéré-Widu.
L’eau, rare, provient de forages, de bassins de rétention de l’eau de pluie et de celle d’un bras du fleuve Sénégal.
Selon Gilles Boëtsch, anthropobiologiste français, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), la GMV “a un tas d’influences sur l’environnement, les activités humaines, la santé, les régimes alimentaires, le bétail”.
Le CNRS, avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a créé à Tessékéré un Observatoire hommes-milieux (OHM) dirigé par M. Boëtsch qui étudie tous les impacts du projet, auquel collaborent aussi des scientifiques maliens et burkinabè.
Lamine Guèye, Sénégalais, professeur de médecine chargé d’observer l’impact sur la santé, note en particulier qu’avec la GMV, le paludisme qui avait diminué dans la région pourrait remonter “car les moustiques vont revenir”.
L’implantation de l’OHM et de ses équipes a permis des consultations gratuites dans une zone rurale et isolée où “99% des gens n’avaient jamais vu de médecins de leur vie”, souligne M. Guèye.
Mais la GMV a aussi eu pour effet d’entraîner un mouvement de solidarité d’étudiants sénégalais et étrangers qui, chaque année, viennent par centaines à Tessékéré planter des arbres dans l’espoir que leur geste contribuera au développement d’une région pauvre et isolée.
Source : AFP – 01/06/2011 à 08:34
Désherber sans tuer
Avec les beaux jours jours, le jardin retrouve ses couleurs, les plantes qui avaient passé l’hiver au repos dans la terre réapparaissent pour notre plus grand plaisir.
Mais avec elles reviennent aussi les indésirables : rumex, plantain, renoncule rampante, pissenlit, laiteron, luzerne…etc.
Elles peuvent être annuelles ou bisannuelles, mais ont souvent en commun une croissance particulièrement rapide et une dissémination élevée.
Alors, comment garder un beau jardin qui ne sera pas envahi par les “mauvaises herbes”, sans pour autant utiliser un herbicide qui en tuera sans doute certaines, mais tuera également et sans discernement les micro-organismes utiles dans le sol ?

La pachysandre est un excellent couvre-sol
1- Couvrir le sol
Plus vous plantez, moins les indésirables auront de place pour se développer. A l’inverse, des massifs peu végétalisés favorisent une colonisation des plantes adventices dont les graines sont apportées par le vent, les oiseaux et possèdent un cycle de vie particulièrement rapide…
Disposer des plantes couvre-sol dans vos massifs, par exemple, permet de garnir les endroits laissés vides entre les plantes ornementales et de bloquer l’implantation des indésirables.
2 – Pailler
Un bon paillage est un moyen de lutte préventif très efficace contre les mauvaises herbes.
Quel que soit le style de massif (mixed-border ou design épuré…), il ne faut pas laisser la terre à nu. Une bonne épaisseur de paillage (5 à 10 cm selon le paillage choisi) est nécessaire.
On le voit, gérer l’apparition des adventices s’anticipe au moment de la création ou de la rénovation du jardin grâce à ces actions ciblées.
3 – Couper
Se débarrasser de plantes adventices très résistantes telles que le rumex ou le liseron n’est pas toujours aisé. Cependant avec de la méthode et de la patience on y parvient en coupant systématiquement ces plantes à ras, avant la montée en fleurs puis en graines. La plante s’épuise à produire des feuilles et elle disparait naturellement sans avoir pu se reproduire.
4 – Changer de regard
Les herbes folles qui nous dérangent au jardin sont, il ne faut pas l’oublier, des plantes sauvages qui participent à la biodiversité. Une option intéressante est celle de les observer et de conserver celles que l’ont trouve jolies. Et il y en a ! A l’image de l’herbe à Robert (Geranium robertianum), de l’épilobe hirsute (Epilobium hirsutum) ou du myosotis des champs ((Myosotis arvensis). Changeons notre regard et toutes ces plantes peuvent devenir désirables !

Herbe à Robert

Myosotis

Epilobe hirsute
Les produits phytosanitaires

Auxiliaire de jardin
Il se sont beaucoup répandus dans les jardins… et continuent de l’être encore ! Pourtant, les produits phytosanitaires, appelés aussi intrants, sont à manier avec précaution, voire une extrême parcimonie.
Il existe plusieurs types de produits phyto qui n’ont de “sanitaire” que le nom.
Il s’agit en fait de produits qui tuent :
- des adventices = herbicides,
- des insectes = insecticides,
- des bactéries ou des champignons = fongicides.
Les produits phytosanitaires se décomposent en deux catégories :
- les produits d’origine naturelle (bouillie bordelaise, soufre, pyrèthre…etc),
- les produits de synthèse (ex : le glyphosate, le plus connu des herbicides, très connu sous le nom commercial de “Round-up”).
Qu’ils soient d’origine naturelle ou de synthèse, préventifs ou curatifs, aucun de ces produits n’est exempt d’effets secondaires. Beaucoup contiennent des substances cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques. Ces informations figurent obligatoirement sur les étiquettes des emballages, il suffit de les lire…

Toxique et très toxique

Explosif

Corrosif

Inflammable

Dangereux pour l'environnement
Il faut bien se dire que si ces produits tuent des organismes vivants, c’est qu’ils auront aussi un effet sur notre santé et sur l’environnement. Il est donc essentiel de se protéger au maximum lors de leur application : port de masque, gants, lunettes et combinaison obligatoires.
Pensez aussi à protéger vos enfants en leur interdisant l’accès à une pelouse traitée pendant 15 jours après l’application du produit. Enfin, l’application des produits phytosanitaires doit se faire par temps sec et sans vent afin ne favoriser aucune diffusion intempestive du produit.
Une approche plus écologique du jardin permet de se passer partiellement et même complètement de ces produits grâce à plusieurs opérations de prévention :
-

Protégeons les abeilles
un paillage épais de tous les massifs qui évite la pousse des adventices,
- une désinfection systématique des outils de taille afin d’éviter la contamination des plantes entre elles par les bactéries ou les champignons,
- le chaulage des troncs des fruitiers et même de certains arbres d’ornement,
- l’utilisation d’un engrais organique à préférer à un engrais chimique,
- l’utilisation d’auxiliaires biologiques tels que la coccinelle ou le chrysope pour combattre les insectes non désirés au jardin,
- changer notre regard : les “mauvaises herbes” sont des plantes sauvages tout à fait naturelles et souvent très belles quand on prend la peine de les regarder.
Aujourd’hui, de plus en plus de communes choisissent l’option “Zéro phyto” en appliquant des plans de désherbage ciblés et en utilisant largement les méthodes préventives citées ci-dessus.
Pour en savoir plus :
- Site de la DRAAF (Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt) http://draaf.bretagne.agriculture.gouv.fr
- Site du ministère de l’agriculture et de la pêche : http://pv.agriculture.gouv.fr/
Le chaulage
Connue depuis fort longtemps comme antiseptique et antifongique, la chaux est largement utilisée en horticulture.
Elle est en particulier préconisée pour traiter les arbres fruitiers et les agrumes. On appelle cette technique le chaulage des troncs.
Une application tous les deux ans au milieu de l’hiver (hors gel, cependant !) permet de protéger vos arbres des attaques de parasites (insectes) ou de champignons porteurs de maladies cryptogamiques (chancre, cloque, moniliose, tavelure…) ou bactériennes.
Vous pouvez vous procurer le lait de chaux prêt à l’emploi. Il est vendu en bidon sous l’appellation “Blanc arboricole“.
Vous pouvez également le fabriquer vous-même, c’est très facile.
Ingrédients :
- de la chaux agricole éteinte (en vente en jardinerie)
- de l’eau
Recette :
Dans un récipient peu fragile, suffisamment grand et ne craignant pas la chaleur (un vieux seau, une vieille bassine métalliques de préférence), mélangez un volume de chaux pour 2 à 3 volumes d’eau.
Mélangez bien.
Laissez reposer une nuit.
Après les avoir préalablement brossés, appliquez le “lait de chaux” sur le tronc avec un gros pinceau à badigeon jusqu’au niveau des premières branches.
Attention au bouillonnement et au dégagement de chaleur produits par la chaux lorsque vous y ajoutez l’eau. Portez des gants, un masque et des lunettes de protection. Ne mettez pas votre visage au dessus du récipient au moment de verser l’eau.
Le petit plus : un tronc chaulé est très esthétique. Certains l’utilisent même comme matériau de création artistique “Land Art” en entourant les troncs d’un ruban adhésif qui sera retiré par la suite pour laisser simplement “l’empreinte” de chaux.
Un endroit de mousse
“Quelle que soit la région du monde, dans des endroits difficiles, les plantes se nanifient ou renforcent leur pigmentation et quelle que soit la région du monde, un lieu d’ombre reste un endroit de mousse.”
Erwan Tymen, Paysagiste Breton
in Les Jardins Paysages – Éditions du chêne, 1996
Le paillage
Pourquoi pailler vos plantations ornementales ou vos cultures potagères ?

De beaux végétaux ? Un bon paillage !
Même si cela constitue un budget supplémentaire (ne le nions pas !), pailler est essentiel au jardin.
Et cela pour plusieurs (très) bonnes raisons :
- Le paillage améliore la rétention de l’eau du sol et permet une diminution voire une suppression des arrosages s’il est suffisamment épais.
- La nature a horreur du vide, il faut donc “occuper” le terrain si l’on ne veut pas qu’il soit colonisé par des indésirables. Le paillage permet de supprimer les travaux de désherbage. En effet, les adventices s’implantent très difficilement sur un épais paillis, et quand elles y arrivent, elles sont particulièrement faciles à enlever.
- L’absence de désherbage conduit à une suppression des interventions humaines (pas de griffage superficiel ni de bêchage profond du sol, aucune utilisation d’herbicides) ce qui est bénéfique pour la micro-faune du sol. Cela maintient une activité micro-biologique (aération du sol grâce à l’action des vers de terre, entre autres) indispensable au bon équilibre physico-chimique du sol. A l’image des sols forestiers, la terre se débrouille très bien toute seule pour trouver son niveau d’équilibre lorsque l’homme n’intervient pas !
Il existe plusieurs types de paillage qui possèdent tous des qualités différentes, à utiliser selon les circonstances.



Le paillage particulaire correspond à des éclats ou particules de différentes origines :
- Minérale comme la pouzzolane (roche volcanique), l’ardoise, les gravillons, graviers, galets de toutes sortes. L’avantage : sa mise en place est quasiment définitive. L’inconvénient : ils n’apportent pas de matière organique au sol et peuvent avoir un aspect un peu “froid”.
- Organique comme l’écorce de pin, les éclats de bois de feuillus, le fibralgo, les paillettes de lin, les cosses de cacao, le BRF (Bois Raméal Fragmenté), les déchets de tonte. L’avantage :ils apportent de la matière organique au sol. L’inconvénient : il faut en rajouter régulièrement (tous les ans à tous les deux ans), car ils disparaissent ou sont dispersés par les oiseaux (budget plus important sur la durée).
Tous ces paillages particulaires doivent être installés avec une épaisseur minimum de 5 cm pour être efficaces.


Le paillage sous forme de film, toile ou bâche:
- Plastique comme la bâche verte tissée (perméable à l’eau), peu écologique car non dégradable, elle reste néanmoins utile pour le paillage des talus. Il convient de l’enlever au bout de quelques années. A éviter absolument, les films plastiques noirs imperméables à l’eau.
- Organique comme la toile de lin ou de coco. Ces toiles sont biodégradables en deux à trois ans. Inconvénient : leur aspect peu esthétique lorsqu’elles se dégradent.
Il existe des alternatives au paillage, ce sont les plantes couvre-sol. Il en existe de nombreuses variétés qui rendent énormément de services et créent des scènes végétales particulièrement intéressantes et esthétiques.
En conclusion, le paillage constitue un budget supplémentaire à l’achat, mais à terme, un gain de temps et d’argent indiscutable.
Écosystème
“Un écosystème est un milieu où vivent de nombreuses espèces animales, végétales et microbiennes en étroite relation les unes avec les autres. Ces écosystèmes, milieux vivants divers et complexes, sont l’unité de base de l’écologie.”
Jean-Marie Pelt, biologiste, pharmacologue, président de l’Institut européen d’écologie
in “Nouveau tour du monde d’un écologiste” – Éditions Fayard, 2005
Chargement